
Le Canada fait face à des dangers provenant de plusieurs directions. Les États-Unis, sous l'influence de Donald Trump, représentent un risque volatil et imprévisible, particulièrement parce qu'ils contrôlent plus de 70 % de nos exportations. Mais il existe une distinction critique que nous ne devons pas ignorer. Il y a une différence entre gérer l'exposition à un autocrate amateur opérant au sein d'un système démocratique et approfondir volontairement notre dépendance envers un autocrate professionnel qui gouverne un État de surveillance à parti unique. La récente visite du Premier ministre Mark Carney en Chine, et l'accord qui en a découlé, a forcé le Canada à affronter cette distinction de plein fouet.
La récente visite du Premier ministre Mark Carney à Pékin a été présentée comme de la diplomatie pragmatique, une diversification nécessaire dans un monde incertain. C’était une erreur fondamentale de lecture du pouvoir. Il ne s’agit pas de symbolisme ou d’idéologie. Il s’agit de realpolitik : comment l’influence est créée, comment la dépendance est transformée en arme, et comment les États perdent leur souveraineté non par la conquête, mais par les contrats.
Ce qui arrive aux États-Unis est terrifiant. Les Canadiens connaissent les Américains mieux que quiconque. Nous partageons un continent, une langue et une longue histoire. À bien des égards, aucun autre peuple sur terre ne nous ressemble autant, même lorsque nous souhaiterions qu'il en soit autrement. Et pourtant, nous sommes aussi profondément différents.
Soit vous ressentez cette différence, soit vous ne la ressentez pas. Les débats sur comment ou pourquoi elle a émergé peuvent attendre. Lorsque notre foyer commun est menacé, l’anthropologie politique est un luxe. Ce qui importe, c’est de savoir si nous nous comprenons assez clairement pour agir dans notre propre intérêt. La politique économique n’est pas séparée de l’ordre politique. Une stratégie économique sérieuse n’est possible que lorsqu’un État comprend sa propre puissance, ses vulnérabilités et la nature des régimes auxquels il fait face. C’est là que l’approche du Premier ministre Carney échoue.
Les États autoritaires ne commercent pas de la même manière que les démocraties. Le commerce n’est pas un échange neutre ; c’est un outil diplomatique. En Chine, le commerce, l’industrie, la finance et la politique étrangère fusionnent sous le contrôle du Parti. L’accès au marché est conditionnel. Les contrats sont révocables. La réglementation est politique. La dépendance n’est pas un effet secondaire — c’est l’objectif.
Le Canada a déjà fait l'expérience de cette leçon. Lorsque Pékin a voulu nous punir, il n’a pas débattu ni négocié. Il a bloqué le canola, détenu des citoyens et exercé une pression précisément là où cela faisait le plus mal. Ce n'était pas une aberration ; c’était une démonstration.
Approfondir les échanges commerciaux avec un tel système, c’est inviter la coercition. Investir dans des chaînes d'approvisionnement communes, c’est céder un levier de pression. Intégrer des capitaux, des normes ou des plateformes chinoises dans des secteurs stratégiques, c’est restreindre la liberté d’action des futurs gouvernements canadiens. Ce n'est pas hypothétique. La Chine a utilisé le commerce comme une arme contre l’Australie, la Lituanie, le Japon, la Corée du Sud et d'autres. Le modèle est constant : identifier la dépendance, appliquer la pression, exiger le silence ou la conformité.
L’erreur du Canada dans les années 1990 a été de croire que l’engagement économique libéraliserait la Chine. Cette théorie a échoué. Le régime s’est plutôt adapté, utilisant les capitaux, la technologie et les marchés occidentaux pour se renforcer de l’intérieur et projeter sa puissance à l’extérieur. La visite du Premier ministre Carney risque de répéter cette erreur à un moment bien plus dangereux.
Le réquisitoire moral contre le Parti communiste chinois est déjà clos. Le Parlement a condamné ses actions contre les Ouïghours. Le Tibet, Hong Kong et la menace pesant sur Taïwan parlent d’eux-mêmes. Ces faits comptent, mais ils ne sont pas au cœur de cet argument.
L’enjeu central est stratégique. La Chine se prépare au découplage. Pékin l’a dit explicitement. Sa politique industrielle est conçue pour réduire sa dépendance envers les fournisseurs étrangers tout en augmentant la dépendance des autres envers elle. Conclure des accords à long terme dans ces conditions signifie que le Canada assume le risque, tandis que la Chine conserve la porte de sortie.
Ce n’est pas de la diversification. C’est une exposition asymétrique. Le Canada a besoin de nouveaux marchés, certes. Mais tous les marchés ne se valent pas. Un partenaire plus puissant, moins transparent et ouvertement hostile aux démocraties libérales n’est pas un facteur de stabilité ; c’est une source de contrainte à long terme.
Oui, vendons des produits alimentaires là où c'est possible. Les exportations agricoles sont transactionnelles et remplaçables. Mais le Canada doit éviter de s'embourber dans les secteurs qui façonneront la puissance de demain : les véhicules électriques, l’industrie de pointe, l’intelligence artificielle, les minéraux critiques, les infrastructures numériques et l’énergie. Nous ne devrions jamais exporter de ressources qui pourraient directement favoriser une agression militaire. La question n’est pas de savoir si la Chine est un ennemi au sens rhétorique. Il s’agit de savoir si le système, les incitations et le comportement de la Chine s’alignent sur la souveraineté à long terme du Canada. Ce n’est pas le cas.
Le Canada n’a pas à choisir entre Washington et Pékin. Ce cadrage est un piège. Nous devons choisir la résilience : un commerce diversifié entre démocraties de confiance, une capacité intérieure dans les industries stratégiques et des limites claires à l’engagement avec les puissances autoritaires. Le véritable leadership ne consiste pas à s'incliner devant la puissance ou à prétendre que le risque n’existe pas. Il s’agit de comprendre le pouvoir. Il s’agit de préserver la liberté d’agir au moment où cela compte le plus.
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