2026-06-06
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Centre Résolu: La séparation de l’Alberta est une menace pour tous

En 2014, la Russie a commencé son attaque en Ukraine en utilisant une campagne de désinformation et de séparatisme manufacturé dans la région de Donetsk.  Le plan était simple : exploiter les insatisfactions locales en commençant par celles qui ont une base réelle, créer une illusion de soutien public, manufacturer et amplifier la fiction d’un peuple persécuté qui cherche à se séparer.  La vague qui a suivi en 2022 n’était pas un mouvement d’indépendance mais plutôt une invasion totale semant les morts au compte de centaines de milliers.

Ce que nous voyons se déployer en Alberta est le premier chapitre de ce plan.

Le gouvernement de Danielle Smith donne libre recours à un mouvement séparatiste érigé sur des ambiguïtés artificielles avec la même nonchalance que le gouvernement ukrainien il y a 12 ans.  Après deux essais d’indépendance au Québec, les deux basés sur des questions vagues, la Loi sur la Clarté Référendaire a été adoptée en 2000 pour appuyer la décision de la cour suprême de 1998 et pour assurer que les référendums dont le but est de séparer le Canada soient fondés sur des « questions claires et des réponses claires. »  En 2026, le référendum albertain ne pose aucune question : il ne fait que demander si les Albertains veulent avoir un référendum sur une forme de séparation qui n’a pas été définie.  C’est de la division politique déguisée en processus démocratique.

Et qui plus est, le mouvement est amplifié par des intérêts américains pilotés par l’Administration Trump.  En mai, Élections Alberta a découvert une fuite de données massive dévoilant près de trois millions d’adresses et de numéros de téléphone albertains occasionnée par une application codée par des séparatistes et alimentée par des compagnies américaines reliées directement à des agents républicains et autres suppôts de Trump.  C’est ici une copie du même modèle d’interférence russe : obtenir les coordonnées des voteurs, micro-cibler certains groupes, amplifier la division et déstabiliser.  En Ukraine, l’indépendance du Donetsk et de Luhansk s’est vite traduite en annexation par le Russie.

Mais l’indépendance de l’Alberta n’est pas que manigance étrangère.  Les populistes posent des questions valides et c’est ce qu’on voit ici.  Pourquoi le Canada a-t-il réprimé le pétrole et le gaz albertain, et ceci sans réduire la consommation nationale?  Pourquoi a-t-on laissé une économie mature à elle-même alors que s’élevait un besoin important et croissant de remplacer les pétroles russe et iranien par des source d’énergie démocratiques?  Ce sont des questions sont raisonnables.  Mais la réponse n’appelle pas à une séparation.  La réponse invoque un nouveau partenariat, des investissements et une stratégie en matières de ressources énergétiques qui placent l’Alberta au centre de la sécurité et de la prospérité canadienne.

Il faut être clair sur la place de l’Alberta dans notre pays.  Les ressources de l’Alberta ne sont pas un objet de négociation pour le pays; c’est une fondation.  Pendant toute une décennie l’Alberta a demandé d’Ottawa d’investir dans le développement de ses ressources.  Aucune réponse n’est jamais venue.  Maintenant que l’Europe est coupée de ses approvisionnements Russes, nous réalisons tardivement que les ressources albertaines sont des armes stratégiques pour les démocraties qui se trouvent sous pression.  Cette réalisation aurait dû se faire en 2014.  Ce retard est dû à Ottawa et les conséquences de ce délai est que les populistes ont des arguments légitimes qui ont été déformés en demandes séparatistes.

Mais la majorité des Albertains s’opposent à ce projet.  Prenez par exemple Thomas Lukaszuk qui leur prête voix.  Cet ancien député conservateur a obtenu 456 000 signatures pour sa pétition « Forever Canadian ».  Il s’agit d’un optimiste qui croit qu’on peut réparer le problème albertain mais pas de façon isolée.  Il comprend que l’avenir de l’Alberta est inséparable du Canada.

La Loi sur la Clarté Référendaire existe parce le Parlement a compris quelque chose qui est essentiel : si un pays doit admettre des référendums sur sa propre dissolution, alors un plancher doit exister.  La question doit être claire.  Une supermajorité est nécessaire.  Cinquante pourcent plus une voix est insuffisant si on veut briser un pays; c’est tout juste suffisant pour adopter une réglementation locale.  Si la constitution canadienne demande déjà que 7 provinces sur 10 soient d’accord pour un amendement, il n’est pas déraisonnable de demander l’équivalent, ou plus encore, si on cherche à séparer le pays.

Alors soyons explicites : un référendum sur une question d’indépendance provinciale devrait demander une majorité de 2 tiers.  Ceci n’est pas anti-démocratique.  C’est le seul standard de démocratie qui a du sens.  On ne peut pas laisser un pays se faire détruire par une majorité simple, en particulier si des agents étrangers sont à l’œuvre pour manipuler ce vote.

Smith dit qu’elle lutte pour garder l’Alberta dans le giron canadien.  Si cela est vrai, elle devrait commencer par rejeter le processus actuel.  Elle doit mettre fin à l’ambiguïté.  Elle doit affirmer clairement que la séparation n’est même pas en jeu, et elle doit travailler avec le gouvernement fédéral, finalement, pour mettre en place les ressources et le partenariat qui auraient dû exister depuis 2014.

Le passé ne peut plus être négocié.  L’avenir peut l’être.  Mais seulement si nous arrêtons de perdre notre temps.

Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie. Faire fonctionner la démocratie.
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